L’éclairage DeCarion sur la conjoncture financière
Au terme du troisième trimestre, les marchés financiers ont traversé un mois de septembre plus heurté, marqué par la remontée des taux longs et la fermeté du pétrole. La croissance mondiale a pourtant tenu bon, aux États-Unis comme en zone euro. L’environnement reste porteur pour l’activité, mais devient plus exigeant pour les investisseurs.
L’essentiel du mois
Outre-Atlantique, l’activité continue de s’appuyer sur la consommation des ménages et sur l’effort d’investissement consacré à l’intelligence artificielle. Le marché du travail perd toutefois de son allant, et le secteur immobilier reste freiné par le niveau des taux. En zone euro, la conjoncture se révèle plus robuste que prévu. L’Allemagne laisse entrevoir une amélioration, tandis que les économies d’Europe du Sud conservent un meilleur dynamisme.
Le principal facteur de vigilance tient au regain de tension sur les prix de l’énergie. Il menace la poursuite de la désinflation et complique la conduite de la politique monétaire, en particulier pour la Banque centrale européenne. Les banques centrales maintiennent un discours prudent. Conjuguée aux craintes inflationnistes et à des besoins de financement publics élevés, cette prudence a pesé sur les actifs risqués en fin de mois.
Marchés actions
Europe. Après plusieurs mois de hausse, les actions européennes ont connu un mois plus hésitant. Elles ont été davantage exposées au renchérissement de l’énergie, aux interrogations budgétaires et à la remontée des rendements obligataires. Des valorisations plus modérées qu’aux États-Unis et l’amélioration progressive de la conjoncture leur apportent néanmoins un soutien. La dispersion marquée entre secteurs souligne l’importance de la sélectivité.
États-Unis. Les indices américains ont continué de s’appuyer sur la technologie et les valeurs liées à l’intelligence artificielle, ainsi que sur des perspectives bénéficiaires encore bien orientées. Ils ont résisté à la pression exercée par la remontée des taux longs. Les niveaux de valorisation élevés rendent cependant la cote plus vulnérable aux mouvements de taux comme à d’éventuelles déceptions sur les résultats.
Japon. La tendance de fond demeure favorable, soutenue par les progrès de la gouvernance d’entreprise et par une demande intérieure plus solide. Les fluctuations du yen et la hausse graduelle des taux domestiques constituent toutefois des sources potentielles de volatilité.
Marchés émergents. Les trajectoires restent très différenciées. Taïwan et la Corée du Sud tirent pleinement parti du cycle des semi-conducteurs et de l’intelligence artificielle. La Chine reste en revanche pénalisée par la fragilité de sa demande intérieure et par les difficultés persistantes de son secteur immobilier. La dynamique des bénéfices demeure porteuse dans plusieurs régions, mais l’ampleur de la hausse enregistrée depuis janvier appelle davantage de discernement.
Marchés obligataires
Septembre s’est révélé difficile pour les marchés de taux. Les rendements souverains se sont nettement tendus de part et d’autre de l’Atlantique, sous l’effet conjugué des craintes inflationnistes, des incertitudes budgétaires et de la prudence des banques centrales. Les maturités longues ont été les plus affectées, ce qui rappelle la sensibilité de la classe d’actifs à l’inflation et aux politiques publiques. Le crédit a mieux résisté, malgré un léger écartement des spreads sur certains segments. L’Investment Grade conserve un portage attractif. Le High Yield garde un intérêt dans une logique de sélection rigoureuse, d’autant que les primes de risque sont déjà resserrées. La qualité des émetteurs et la maîtrise de la duration demeurent des critères déterminants.
Matières premières
Pétrole. Le baril s’est nettement apprécié, porté par les tensions géopolitiques autour de l’Iran et par des inquiétudes sur l’offre. Cette fermeté entretient un risque inflationniste et pèse sur le pouvoir d’achat des ménages.
Or. Après sa forte progression des mois précédents, le métal jaune est entré dans une phase de consolidation, freiné par la remontée des rendements américains et par la fermeté du dollar. Les tensions géopolitiques, l’incertitude monétaire et la recherche de diversification continuent néanmoins de soutenir son rôle de valeur refuge.
Le Regard DeCarion
Septembre rappelle une règle simple : les taux longs donnent le ton. Leur remontée a suffi à freiner les actions comme les obligations. Le pétrole, lui, ravive le risque inflationniste. La croissance tient, mais elle ne suffit plus à porter l’ensemble des actifs. La qualité des émetteurs et la dispersion entre zones comptent désormais davantage que la direction d’ensemble des marchés.