Invitée de l’émission Tout pour investir du 12 mars 2026, présentée par Antoine Larigaudrie sur BFM Business, Marion Chapel-Massot est revenue sur un aspect souvent sous-estimé de l’investissement : le rôle de la psychologie face aux mouvements de marché.
Volatilité des marchés, réactions émotionnelles, mauvaises décisions… Trois réflexes essentiels permettent de garder le cap et de rester discipliné dans sa stratégie d’investissement.
On entend souvent dire que la Bourse est une affaire de chiffres et d’analyse. Pourtant, elle relève aussi beaucoup de la psychologie.
Parce que derrière les marchés il y a des humains. Les décisions d’investissement ne sont pas toujours rationnelles : elles sont souvent influencées par la peur, l’euphorie ou l’effet de foule. Quand les marchés montent, on a tendance à vouloir acheter parce que tout le monde est optimiste. Quand ils baissent, la peur domine et beaucoup vendent. Or ces réactions émotionnelles conduisent souvent à de mauvaises décisions d’investissement.
Lorsque les marchés deviennent volatils, comme c’est le cas par périodes, certaines réactions reviennent très fréquemment chez les investisseurs.
La réaction la plus fréquente est la peur. Quand les marchés baissent, certains investisseurs pensent qu’il faut sortir immédiatement pour éviter de perdre davantage. Mais vendre dans ces moments-là revient souvent à cristalliser la perte. À l’inverse, lorsque les marchés remontent fortement, l’euphorie pousse parfois à investir tardivement. Cette succession de décisions émotionnelles est un classique de l’investissement.
Ces comportements expliquent en grande partie pourquoi beaucoup d’épargnants achètent au mauvais moment et vendent au pire moment.
Les études montrent que beaucoup d’investisseurs particuliers obtiennent des performances inférieures à celles des marchés, non pas parce qu’ils choisissent de mauvais actifs, mais parce qu’ils interviennent au mauvais moment. Ils vendent dans les périodes de stress et investissent quand les marchés ont déjà bien monté. C’est l’un des effets les plus connus de la psychologie financière.
Pour éviter de se laisser guider par ses émotions, certains réflexes sont essentiels.
Le premier réflexe est d’avoir une stratégie patrimoniale claire : savoir pourquoi on investit et sur quel horizon. Ensuite, il faut accepter que la volatilité fasse partie du fonctionnement normal des marchés. Et enfin, rester discipliné dans son allocation. Les portefeuilles doivent être construits pour traverser les cycles, pas pour réagir à chaque mouvement de marché.
Au fond, le plus grand risque pour un investisseur est souvent lié à ses propres réactions.
Très souvent, le véritable défi de l’investissement n’est pas seulement d’analyser les marchés, c’est aussi de maîtriser ses propres réactions. Un investisseur discipliné, qui respecte sa stratégie et garde une vision de long terme, a souvent plus de chances de réussir qu’un investisseur qui agit sous le coup de l’émotion.