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Différencier épargne et investissement

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Dans l’émission Tout pour investir sur BFM Business, Marion Chapel-Massot est intervenue dans la rubrique « Le coffre-fort » pour revenir sur un paradoxe patrimonial très actuel : les Français épargnent plus que jamais, mais investissent de moins en moins… et s’enrichissent moins avec leur épargne.

Un constat préoccupant pour 2026

Jamais l’encours d’épargne des ménages n’a été aussi élevé. Pourtant, une large part de ces sommes reste concentrée sur des supports liquides et faiblement rémunérés. Or, si cette épargne joue un rôle essentiel de sécurité, elle ne permet pas, à elle seule, de construire un patrimoine dans la durée.
L’intervention a rappelé une idée centrale : l’épargne protège, mais c’est l’investissement qui permet de créer de la valeur sur le long terme.

Les règles de bon sens à ne pas oublier

L’intervention a débuté par un rappel fondamental : on ne place pas tout son argent « dans le même panier ».
– conserver l’équivalent d’environ trois mois de salaire en épargne de précaution, disponible et sécurisée ;
– accepter que ce socle n’a pas vocation à performer ;
– investir progressivement le reste, en fonction de son horizon et de son profil.

La pyramide du coffre-fort : une lecture claire du patrimoine

Pour illustrer cette logique, Marion Chapel-Massot a présenté une image pédagogique : la pyramide patrimoniale.

  • À la base : l’épargne de précaution, liquide et sécurisée.

  • Au-dessus : les obligations, pour la stabilité et des revenus réguliers.

  • Puis : les actions, moteur historique de la création de richesse à long terme, là où les intérêts composés prennent toute leur dimension.

  • Ensuite : les produits structurés, outils de pilotage du risque et de rendement conditionnel.

  • Au sommet : le Private Equity, réservé à l’épargne de long terme, illiquide mais potentiellement très créatrice de valeur.

Intérêts composés : une mécanique exigeante

La « magie » des intérêts composés ne s’applique pas à des liquidités immobiles. Elle repose sur une stratégie construite, diversifiée et cohérente avec le temps long.
En 2026, le véritable risque n’est donc pas d’investir, mais de laisser durablement trop d’argent au rez-de-chaussée de la pyramide, sans jamais en gravir les étages. Les intérêts composés récompensent la patience, rarement la précipitation.

Adapter la stratégie au profil de l’investisseur

Enfin, Marion Chapel-Massot a rappelé l’importance de prendre en compte l’âge de l’investisseur et la surface financière globale pour définir une allocation cohérente, en distinguant trois grands profils.
À titre illustratif, une approche prudente pourra s’appuyer majoritairement sur des supports sécurisés, complétés par une part mesurée d’obligations et d’actions.
Un profil équilibré combinera plus équitablement sécurité, obligations et actions.
Un profil dynamique, disposant d’un horizon long et d’une capacité à accepter la volatilité, pourra quant à lui s’exposer plus largement aux marchés actions.

Une intervention qui remet en perspective le rôle de chaque brique patrimoniale et rappelle que la performance se construit avant tout dans le temps, la cohérence et la discipline.

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